
ANTAGENE –
LABORATOIRE DE RECHERCHE ET D’ANALYSES EN GÉNOMIQUE ANIMALE
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Limonest - France
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ANTAGENE a mis au point un test ADN de dépistage de la PKD
Note d’information scientifique et technique - Novembre 2004
Par l’équipe d’ANTAGENE composée de chercheurs spécialisés en génétique
moléculaire, génomique animale, et génétique des populations
Le laboratoire ANTAGENE est spécialisé en génomique animale et travaille depuis
3 ans sur les maladies génétiques les plus graves pour la santé ou le bien-être
du chien ou du chat. Le principal objectif est de mettre au point et de
commercialiser des tests ADN fiables pour
dépister ces pathologies héréditaires.
Description de la PKD
La polykystose rénale (PKR) ou polycystic kidney disease (PKD) est une maladie
génétique fréquente chez différentes races de chat, notamment le Persan et les
races apparentées. Les signes cliniques correspondent à ceux d’une insuffisance
rénale chronique : dépression, léthargie, perte d’appétit voir anorexie,
vomissements, polyurie, polydypsie, perte de poids.
Cette pathologie se traduit par le développement progressif de kystes dans les
reins, par la destruction du tissu rénal, par une insuffisance rénale pouvant
provoquer la mort prématurée de l’animal. Le rythme de croissance des kystes
rénaux est très variable d’un chat à l’autre.
Le dysfonctionnement rénal apparaît alors plus ou moins tardivement entre 2 et
10 ans avec une moyenne à 7 ans. Un chat touché par la PKD peut vivre de
nombreuses années sans montrer aucun signe clinique.
Transmission autosomale dominante de la
PKD
La polykystose rénale est une maladie
monogénique (implique un seul gène) et se transmet selon un mode autosomal (non
lié au sexe) dominant.
Trois situations sont possibles :
• le chat porte deux copies normales du gène : il ne développe pas la maladie et
ne transmet pas l’anomalie génétique à sa descendance,
• le chat hétérozygote porte une copie normale et une copie défectueuse du gène
(mutation responsable de la maladie): il développe la maladie plus ou moins
précocement et transmet l’anomalie génétique à la moitié de sa descendance,
• aucun chat portant deux copies défectueuses du gène n’a été observé à ce jour: il semble que cet état soit létal durant le développement embryonnaire.
Statistiquement, la proportion de chatons sains et atteints dans la descendance
varie en
fonction du statut des reproducteurs :
• croisement « sain x sain » : 100% de chatons sains,
• croisement « sain x atteint » : 50% de chatons sains et 50% de chatons
atteints,
• croisement « atteint x atteint » : 33% de chatons sains, 67% de chatons
atteints.
Recherches sur la PKD
ANTAGENE a développé son propre test ADN pour dépister la polykystose rénale
chez le chat, à partir de l’homologue du gène PKD1 chez l’homme. Nos travaux de
recherche ont mis en évidence une seule anomalie génétique (ou mutation)
associée à la maladie. Nous avons
alors mis au point un test expérimental (appelé bêta-test). Entre juin et
octobre 2004, ce bêta-test a été validé sur une population européenne de plus de
500 chats.
Aucun résultat individuel n’a été communiqué aux propriétaires des chats avant
que l’ensemble des prélèvements soit analysés et que la précision et la
fiabilité du test soient évaluées. Ce travail de validation a permis de
confirmer l’existence d’une seule anomalie génétique
associée à la PKD, d’exclure pour l’instant l’existence d’une autre forme
génétique de la maladie, puis de définir la précision et la fiabilité du test
ADN au niveau d’une population significative de chats en Europe. Nos données ont
également été confrontées à celles obtenues par le laboratoire qui travaille sur
la PKD au sein de l’Université de Californie à Davis aux Etats-Unis.
Précision du test ADN
La précision définit ce que le test ADN est capable de détecter. Pour la PKD et
dans l’état actuel des connaissances suite à la campagne de validation, une
seule forme génétique de la PKD est présente dans la population européenne de
chats, c’est-à-dire qu’une seule forme
défectueuse du gène explique les cas de PKD analysés.
Nous ne pouvons cependant pas exclure définitivement l’existence d’une
éventuelle autre forme défectueuse du gène (ou d’un autre gène) qui provoquerait
la maladie ou une maladie très proche. Néanmoins, si une autre forme génétique
de la PKD existait, elle serait rare
puisqu’elle n’a pas été observée parmi les 579 chats analysés lors de la
validation du test.
Fiabilité du test ADN
Pour définir la fiabilité du test, nous avons évalué la proportion de
faux-positifs (test ADN positif alors que le chat est sain pour la PKD) et de
faux-négatifs (test ADN négatif alors que le chat est atteint de PKD).
Parmi les 579 chats analysés, nous avons sélectionné les chats examinés par des
vétérinaires spécialisés en échographie et en imagerie médicale et avons retenu
les 60 chats pour lesquels nous possédons une copie des résultats d’échographie
certifiés par le vétérinaire échographiste. Parmi ces 60 chats, tous les chats
négatifs en échographie sont négatifs avec le test ADN (chats sains) et tous les
chats positifs en échographie (présence de kystes rénaux) sont positifs avec le
test ADN (chats atteints).
La fiabilité du test est donc théoriquement de 100%. Nous estimons cependant que
statistiquement le nombre de faux-positifs et de faux-négatifs est compris entre
0 et 1 chat parmi 60 chats, soit une fréquence moyenne de 0,83%, soit une
fiabilité supérieure à 99%
(100%-0,83%=99,17%)
Nous invitons les éleveurs de chats à nous communiquer une copie des résultats
d’échographie afin d’affiner notre estimation de la fiabilité du test ADN.
Prévalence de la PKD
Le tableau ci-dessous mentionne, pour chaque race, les résultats de la campagne
de validation et de dépistage conduite par ANTAGENE : le nombre de chats
analysés, le nombre de chats atteints (présentant l’anomalie génétique), la
fréquence dans la race ; ainsi que
d’autres données sur la prévalence de la PKD.

L’anomalie génétique responsable de la PKD a été découverte dans 3 races de chats en Europe : le Persan, l’Exotic Shorthair, le British Shorthair. En revanche, l’anomalie génétique n’est pas été observée chez les autres races de chats. À l’exception du Maine Coon et du Sacré de Birmanie, le manque de données ou le faible nombre de chats testés ne permettent pas de conclure sur la présence ou l’absence de cette anomalie génétique dans chacune de ces races.
Expression variable de la PKD
Dans le cadre de cette étude, nous confirmons la variabilité d’expression de la
PKD. Un chat atteint (test ADN positif) peut développer les premiers kystes
rénaux tardivement (après 2 ans) et présenter les premiers symptômes tardivement
(parfois après 10 ans). Ce chat présente une forme légère de PKD, mais
transmettra tout de même l’anomalie génétique à sa descendance : les chatons
peuvent développer une forme plus grave de PKD avec un développement précoce de
kystes rénaux et une insuffisance rénale prématurée.
Recommandations face à une maladie génétique : Comme pour toute maladie
génétique chez le chien ou le chat, nous invitons les éleveurs à
ne pas reproduire les animaux porteurs ou atteints de l’anomalie génétique afin
de limiter l’incidence de la pathologie héréditaire dans la race.
Il est cependant très
important de distinguer plusieurs situations en fonction de la fréquence de la
maladie dans une race donnée (voir dans une lignée) :
• inférieure à 1% : la maladie est rare
• entre 1 et 10% : la maladie est fréquente
• supérieure à 10% : la maladie est très fréquente.
Dans tous les cas, il faut éviter de reproduire des animaux porteurs ou atteints
d’une maladie génétique. Mais l’élimination de l’anomalie génétique doit
toujours se faire progressivement sans augmenter la consanguinité et sans
exclure de la reproduction des lignées entières de
reproducteurs, au risque sinon de mettre en danger la diversité génétique de la
race et de voir émerger d’autres maladies génétiques.
Un animal porteur ou atteint peut exceptionnellement être conservé pour la
reproduction :
• à condition que l’anomalie génétique soit fréquente ou très fréquente dans la
race
(ou la lignée),
• à condition de le croiser avec un animal sain,
• à condition qu’il présente des qualités intéressantes pour l’amélioration de
la race
(morphologie, caractère, capacités de travail, etc),
• à condition de surveiller la descendance et de sélectionner absolument les
descendants sains.
Recommandations spécifiques à la PKD
La situation de la PKD est particulièrement grave car il s’agit d’une maladie
dominante (tout chat porteur de l’anomalie génétique est malade) et d’une
maladie extrêmement fréquente chez le Persan et l’Exotic Shorthair.
Pour toutes les races présentant une fréquence de PKD inférieure à 10%, il est
impératif d’exclure de la reproduction les animaux atteints. En revanche, chez
le Persan, l’Exotic Shorthair (et dans une moindre mesure chez le British
Shorthair), il convient d’être extrêmement vigilant. Une sélection intensive et
trop rapide contre la PKD pourrait avoir de graves conséquences se traduisant
par :
• la perte de certains caractères améliorateurs pour la race,
• la perte d’une diversité génétique indispensable à l’adaptation à long-terme
de toute population animale,
• un risque d’augmenter la consanguinité conduisant inévitablement à l’émergence
d’autres maladies génétiques.
Par conséquent, dans les races ou les lignées au sein desquelles la PKD est très
fréquente, il est capital de prendre en compte tous les critères dont dispose
l’éleveur et de ne pas exclure aveuglement tous les chats atteints de PKD : le
remède serait vraiment pire que le mal.
Un exemple à ne pas suivre
La gangliosidose est une maladie monogénique récessive qui touchait le Chien
d’eau portugais aux Etats-Unis. Un test, développé à la fin des années 1980,
avait alors permis d’estimer la fréquence de porteurs à 9%. Étant donné la
fréquence de cette maladie, il était recommandé de ne pas exclure de la
reproduction les chiens porteurs qui présentaient par ailleurs des qualités
intéressantes pour la race et à condition de les croiser avec des chiens sains.
Les éleveurs ont tout de même exclu de la reproduction tous les chiens porteurs
et ont sélectionné des chiens provenant d’une lignée ne portant pas cette
anomalie génétique responsable de la gangliosidose.
Malheureusement, cette
nouvelle lignée était porteuse d’une autre maladie génétique, l’atrophie de la
rétine. La sélection intensive pour cette nouvelle lignée a rapidement fait
augmenter à 35% la fréquence de chiens porteurs d’atrophie de la rétine dans la
race.
Les éleveurs ont donc remplacé une maladie génétique assez fréquente (gangliosidose,
9%) par une autre maladie génétique très fréquente (atrophie de la rétine, 35%)
qui sera beaucoup plus difficile à éradiquer. L’émergence de l’atrophie de la
rétine aurait pu être évitée en conservant des chiens porteurs de gangliosidose,
à condition de les croiser avec des chiens sains et de surveiller la
descendance. La gangliosidose aurait été éradiquée aussi efficacement par le
remplacement progressif (en quelques générations) des chiens porteurs par leurs
descendants sains ayant conservé les qualités des reproducteurs.
Références bibliographiques
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