Fibrosarcomes et vaccination du chat

par le Dr Anne-Claire Chappuis-Gagnon

 

 

Selon le Séminaire sur la Vaccination du Chat de mars 2006

 

 

En trente années, la majorité des maladies dues à des agents infectieux pathogènes est désormais évitée grâce à des vaccinations efficaces et sûres. La règlementation pharmacologique de 1998 impose au niveau européen des recherches sur la durée d'immunisation qui ne sont pas obligatoires (sauf pour la vaccination rage) aux USA. Néanmoins le coût des expérimentations n'étant pas négligeable, tant du point de vue vie animale que du point de vue économique, très peu de laboratoires pharmaceutiques ont testé leurs vaccins sur les durées supérieures à trois ans. Les recommandations habituelles, stipulées dans les autorisations de mise sur le marché, font état, pour la grande majorité, de rappels annuels de vaccination pour les animaux adultes.

L'apparition des fibrosarcomes aux USA, où les vaccins furent d'abord incriminés en 1991, puis les comportements spécifiques des praticiens en 1995, puis les injections en 2000, avec comme dernière hypothèse une prédisposition génétique de certains chats, sans oublier la possible inclusion dans le génome des chats d'une partie du virus leucémogène, hypothèse jamais démontrée, a sensibilisé la communauté scientifique sur le calendrier vaccinal et sur les risques de survaccination.

Cette réflexion a donné naissance à une "Task force" aux USA puis en Europe, d'abord sur la vaccination féline, puis récemment sur la vaccination des chiens, où scientifiques et experts émettent régulièrement des recommandations sur les protocoles les plus adaptés ainsi qu'un certain nombre de recommandations et d'orientations de recherche destinés aux laboratoires pharmaceutiques vétérinaires.

La couverture vaccinale de l'ensemble de la population canine et féline n'est possible que par un taux important de vaccination individuelle. Les épisodes de résurgence de maladie de Carré ces vingt dernières années sont la preuve flagrante.

Certains maladies, du simple fait de la résistance importante et de la persistance à long terme dans les environnements contaminés, comme la parvovirose ou la panleucopénie, nécessitent une vaccination précoce et continue.

Le vaccin a pour but de protéger l'individu et la collectivité. Son efficacité résulte d'une couverture vaccinale suffisante et constante. La couverture vaccinale, c'est à dire le nombre d'individus vaccinés dans une population donnée contre une maladie, est un des principaux facteurs de succès d'un programme d'immunisation en vue d'éradiquer une maladie.

 

La vaccination :

Au point d'injection, on peut observer une douleur immédiate liée la plupart du temps à la température du vaccin, à la qualité du tranchant de l'aiguille ou au diamètre de celle-ci.

Le développement d'un granulome est fréquent au point d'injection et correspond à une réaction inflammatoire locale normale, plus importante lorsque le vaccin est adjuvé. Ces réactions inflammatoires s'estompent en quelques semaines à quelques mois. Dans une récente enquête épidémiologique (2003), 98 % des réactions locales présentées par les chats après la vaccination ont régressé sans aucun traitement dans un délai de un à quatre mois.

On a observé parfois des alopécies au point d'injection qui seraient dues à des vasculites du fait de la formation de complexes anticorps/antigènes. Ce phénomène a surtout été observé sur des races de chiens de petites tailles.

Le fibrosarcome est une pathologie classiquement décrite chez le chat âgé. Holzworth rapporte une incidence de 12 à 25 % de toutes les tumeurs cutanées du chat, avec un lien avec la leucose et le FeSV souvent été décrite (entre 1970 et 1980).

Pour la petite histoire, à une époque aux USA, des enquêtes avaient montré qu'au sein d'une même clinique, utilisant les mêmes aiguilles, et la même marque de vaccins, les fibrosarcomes apparaissaient pour un des vétérinaires alors que les autres n'en déploraient pas. D'où une interrogation sur ce qui dans le comportement et la façon de réaliser les injections pouvait être facteur de risque : méthode de contention, lieu d'injection, aiguille sèche ou non, homogénéisation du flacon.

 

Modifications des pratiques :

sites d'infections : Traditionnellement pour des raisons de contention, les vaccinations comme les injections ont été réalisées, chez le chat, par voie sous-cutanée entre les omoplates. Le développement des réactions post-vaccinales, puis post-injections chez le chat a conduit à revoir nos habitudes et à réaliser les infections, préférentiellement, en sous-cutanée au niveau des faces latérales des cuisses.

Nos confères américains recommandent depuis 1995 d'effectuer les vaccinations contre le typhus et les viroses respiratoires au niveau de l'épaule droite, aussi distalement que possible en évitant l'espace interscapulaire, de réaliser la vaccination contre la leucose au niveau de la face externe de la cuisse gauche, et la vaccination de la rage au niveau de la face externe de la cuisse droite.

 

 

Vous pourrez lire le document complet dans le document de la SFF : la vaccination du chat