La Cardiomyopathie hypertrophique

par le Docteur Vétérinaire C. Blandin
Selon les Nouvelles de février 2006
Aujourd'hui la CMH est diagnostiquée principalement par échocardiographie qui permet de distinguer les différents stades de l'évolution de la maladie en visualisant directement l'épaississement du myocarde mais aussi des zones d'infarcissement ou des dysfonctionnement myocardiques.
Echocardiographie en mode bidimensionnel et temps-mouvement
Cette méthode permet à l'opérateur de juger
l'aspect global du cœur : hypertrophie du muscle papillaire, hypertrophie
importante des parois du ventricule gauche, dilatation atriale, présence d'un
thrombus dans le cœur ....
L'opérateur vérifie en même temps le bon fonctionnement des valves et il
recherche la présence d'un mouvement systolique antérieur de la valve mitrale.
Une fois ces observations faites, il mesure en diastole l'épaisseur de la paroi
du ventricule gauche au mode temps-mouvement sur la coupe transventriculaire.
Trois types de forme hypertrophique est décrites chez le chat :
- le type I qui se caractérise par une hypertrophie
symétrique des parois du ventricule gauche;
- les types II & III son asymétriques : le septum interventriculaire (SIV) est
plus épais que la paroi postérieure du ventricule gauche (PPVG) dans le type II
et vice versa dans le type III.
Selon Kittleson, une CMH doit être suspectée en cas d'hypertrophie modérée du muscle papillaire ou de SAM sans hypertrophie de la paroi du ventricule gauche. Le diagnostic de certitude est établi lorsque l'hypertrophie du muscle papillaire est importantes et/ou la paroi du ventricule gauche est à un endroit, supérieure ou égale à 6 mm. Enfin, la HCM est considérée comme grave quand le muscle capillaire est énormément hypertrophié et/ou la paroi est épaisse de plus de 8 mm.
Le doppler couleur :
L'insuffisance mitrale (IM) est à l'origine d'un reflux systolique de régurgitation dans l'atrium gauche. Ce jet peut être visualisé directement par doppler couleur. L'IM est qualifiée de minime lorsque le reflux est limité au plan de l'anneau mitral, de moyenne lorsqu'il dépasse le plan de l'anneau mitral mais ne dépasse pas la partie moyenne de l'atrium gauche et d'importante lorsque le flux s'étend jusqu'au toit de l'atrium gauche.
Le doppler pulsé :
C'est une méthode non invasive qui permet de mesure le flux transmitral. L'étude de ce flux permet entre autre de détecter une dysfonction diastolique qui est utilise dans le diagnostic de la HCM.
Chez un chat atteint de CMH, les parois du ventricule gauche sont moins souples que celles d'un chat sain : la vitesse de remplissage pendant la phase passive est donc plus faible et diminue progressivement. Puis pendant la phase active de remplissage, la vitesse est plus élevée que chez un chat non malade.
L'utilisation de l'échocardiographie lors d'une HCM peut mettre en évidence :
- un ventricule gauche hypercénétique
- une hypertrophie ventriculaire gauche concentrique avec une épaisseur du SIV ou de la PPVG supérieure à 6 mm en disatole.
- une fraction de raccourcissement ventriculaire gauche normale ou augmentée, une fraction d'épaississement septale normale ou augmentée en stade précoce et diminuée en stade avancé.
- une dimension interne du ventricule gauche diminuée dans le stade précoce, normale ou augmentée en stade terminal.
- une augmentation des chambres atriales (hypertrophie réactive puis dilatation)
- le mouvement antérieur systolique de la valve mitrale est très répandu lors de CMH, c'est parfois la seule anomalie détectable à l'échographie dans les premiers stades de la maladie.
- on peut également détecter une éventuelle obstruction dynamique ventriculaire gauche (épaississement septal, mouvement antérieur systolique de la valve mitrale et turbulences aortique au doppler couleur)
- une hyperéchogénicité du myocarde en regard de l'endocarde. ( L'hyperéchogénicité est la faculté pour un tissu de renvoyer l'onde ultrasonore de l'échographe plus fortement en fonction de la texture de ce tissu. )
- mise en évidence d'une dysfonction diastolique au doppler pulsé.

D'autres examens peuvent être complémentaires :
- Examen biochimique sanguin : une urémie prérénale peut apparaître lors de déshydratation.
- un contrôle de la fonction de coagulation
- radiographie : qui permet d'évaluer les structures cardio-vasculaires et pulmonaires.
- l'électrocardiographie : qui détecte les arythmies qui sont présentes à 50 % des CMH
- examen du liquide thoracique : la présence d'un transsudat modifié contenant moins de 40 g/L de protéines et moins de 2500 cellules nucléées par millilitre est caractéristique d'une insuffisance cardiaque par opposition à un épanchement purulent ou inflammatoire.
- mesure de pression artérielle : les chats
souffrants de CMH ont une pression artérielle normale ou réduite.